Baleines et phoques
Un Arctique plus chaud et plus bruyant crée de nouveaux défis pour les mammifères marins
L'océan Arctique, avec son épaisse couche de glace et ses mois d'obscurité, a longtemps été l'un des endroits les plus calmes de la planète. Mais les changements climatiques entraînent des modifications rapides, plus rapides ici que presque partout ailleurs sur Terre. Les périodes sans glace sont de plus en plus longues et la glace elle-même s'amincit. Ces conditions soulèvent de nombreuses inquiétudes pour les mammifères de l'Arctique, tels que les baleines et les phoques.
Les menaces
Un Arctique plus bruyant
Avec moins de glace, le bruit des vagues et du vent augmente. Cela pourrait rendre la survie de certains mammifères plus difficile, car les sons utilisés pour la communication de groupe, la navigation ou la recherche de nourriture sont perdus dans les niveaux de bruit ambiant plus élevés.
Mais le changement le plus important sera probablement la forte augmentation du trafic maritime dans l'Arctique, puisque les transporteurs de marchandises cherchent une route plus courte entre l'Asie et l'Europe, les navires desservent de nouvelles mines sur la côte arctique et les opérateurs touristiques exploitent une destination intéressante et nouvellement accessible.
Augmentation du trafic maritime
Les navires présentent également des risques de pollution (fuites ou accidents) et de collision avec des baleines qui se déplacent lentement. Ces types d'impacts sont déjà observés avec les baleines franches dans l'Atlantique et les orques dans le Pacifique. Pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent dans l'Arctique, le Canada doit être mieux préparé à une augmentation importante du trafic maritime dans des eaux encore éloignées et souvent remplies de glace, mais qui regorgent de vie marine.
Nos solutions
Étudier l'impact du bruit
L'équipe de recherche arctique de WCS Canada étudie attentivement les effets potentiels du bruit des navires sur les mammifères marins arctiques dans la mer de Beaufort. À l'aide de matériel d'enregistrement sonore sous-marin, nous avons à la fois quantifié le bruit généré par les navires qui passent et examiné l'impact potentiel de cette nouvelle source de bruit sur les baleines et les phoques.
Le son voyage plus loin sous l'eau que dans l'air, et nous avons constaté que le bruit des océans peut être détecté jusqu'à 100 km de distance. Nos études indiquent que même lorsque les navires se trouvent à 50 km, leur bruit peut avoir un effet "masquant" important sur l'utilisation des sons par les baleines.
Nous travaillons également avec nos collègues internationaux pour lutter contre l'augmentation du bruit dans l'Arctique. Nous avons récemment complété une évaluation globale du bruit dans l'environnement marin arctique pour le groupe de travail PAME (protection de l'environnement marin arctique) du Conseil de l'Arctique. Cette évaluation est utilisée pour trouver des solutions internationales à l'augmentation du bruit dans l'Arctique.
Plaidoyer pour une navigation plus sûre
Nous avons publié plusieurs articles sur les impacts potentiels du bruit sur les mammifères marins de l'Arctique et sur la manière dont ces impacts pourraient être atténués. Nous encourageons vivement le gouvernement fédéral à prendre des mesures proactives pour améliorer la protection des mammifères marins en détournant les routes maritimes des zones très fréquentées par les baleines, en imposant des limites de vitesse strictes dans les zones à forte concentration de baleines et en améliorant le suivi du trafic maritime dans la mer de Beaufort.
Nous avons utilisé ces recherches pour mettre en évidence les mesures proactives qui peuvent être prises pour protéger les baleines et les autres mammifères marins avant que le trafic maritime n'augmente davantage, notamment en ralentissant la vitesse des navires, en modifiant les routes maritimes pour éviter les zones à forte concentration de baleines et en exigeant des observateurs humains lorsqu'ils traversent des zones où les baleines sont nombreuses.
Étude du régime alimentaire et de la santé des phoques
Notre équipe travaille également avec les communautés inuites locales de la Région désignée des Inuvialuit pour étudier le régime alimentaire et la santé des phoques, y compris l'exposition aux contaminants. Nous avons contribué à la mise en place d'un programme de suivi communautaire qui peut aider à éclairer la gestion locale de la faune et la prise de décision par les communautés.
Projets
Suivi du régime alimentaire et de la santé des phoques
Nous travaillons avec les Inuit de la Région désignée des Inuvialuit pour étudier le régime alimentaire des phoques et les contaminants en tant qu'indicateurs écologiques d’un écosystème arctique en constante évolution.
Documenter l'impact du bruit dans les océans
Lutter contre les impacts de la navigation et des changements climatiques dans l'ouest de l'Arctique










